Un nouveau chapitre dans l’histoire du mouvement populaire dans le diocèse de Thiruvananthapuram, au Kerala

Le diocèse de Trivandrum est principalement composé d’une communauté des pêcheurs. Ces gagne-pain quotidiens furent en agonie quand le gouvernement a signé un accord avec l’industriel milliardaire indien, Mr Adani,  pour la construction d’un port sur la côte de la mer d’Arabie à Vizhinjam, Thiruvananthapuram, au Kerala. Le port de Vizhinjam devait jouer un rôle crucial dans le développement maritime du pays, en particulier du Kerala. Conscient de l’impact négatif de la construction du port sur la vie quotidienne de ces personnes et sur les problèmes environnementaux, les évêques, prêtres et religieux se sont mobilisés pour soutenir leur troupeau comme de vrais pasteurs.

L’impact du port de Vizhinjam sur la zone côtière

Depuis le début de la construction du port d’Adani, les habitants de la côte sont confrontés à d’importants problèmes. Du côté nord du projet, de plus en plus de maisons sont détruites par la mer chaque année. Plusieurs scientifiques affirment que la construction de la digue d’Adani et le dragage de la mer sont responsables de cette érosion de la côte. Plusieurs familles vivent en tant que réfugiés dans les villages de pêcheurs. Les habitats de moules, de tortues de mer et de homards qui peuplaient les formations rocheuses côtières ont été détruits, impactant gravement les moyens de subsistance des pêcheurs dans la région.

Au village de Kottapuram, adjacent au projet, 243 maisons ont été détruites. La célèbre plage touristique du Kerala, Kovalam Beach, a été emportée. En conséquence, des milliers d’emplois ont été perdus dans l’industrie du tourisme. Sur une autre plage renommée, Shankhummugam, le sable a presque disparu jusqu’à la route en bord de mer. Sept rangées de maisons côtières se sont effondrées. Seulement 13.000 roupies ont été allouées par le gouvernement pour le logement compensatoire des sans-abri. Selon la loi sur la gestion côtière du pays, les ports ne devraient pas être construits sur des côtes sujettes à l’érosion. Le dragage en eaux profondes à Vizhinjam a contribué de manière significative à la perte des plages du district.

En raison de ces impacts sur les environnements marin et côtier, les pêcheurs ont entamé une longue protestation.

Un mouvement massif sur la côte

Un mouvement massif a commencé le 5 juin 2022 (Journée mondiale de l’environnement) et le port de Vizhinjam d’Adani a été bloqué. La protestation a été coordonnée par plusieurs ONG et associations et mouvements religieux. C’est là aussi que le diocèse latin de Trivandrum a organisé une autre protestation le 20 juillet 2022, émettant certaines demandes.

Les Franciscaines missionnaires de Marie du diocèse de Trivandrum ont rejoint la lutte qui a duré 140 jours sur le site du port de Vizhinjam. Ce n’était pas une tâche facile. Nous avons encouragé les gens à participer à la protestation. Les sœurs ont parlé de la question lors de réunions publiques, de rassemblements et ont rejoint la grève de la faim aux côtés du peuple du diocèse, de la région et de la paroisse. Au niveau de la province, une journée a été consacrée à la prière et à l’adoration, implorant Dieu d’intervenir.

Une grève de la faim indéfinie a également commencé devant l’aéroport de Thiruvananthapuram, propriété et exploité par Mr Adani. Les manifestants avaient principalement trois demandes : (a) arrêter immédiatement le port destructeur d’Adani, (b) indemniser ceux qui avaient perdu leur maison, (c) restaurer les lieux de travail et les plages des travailleurs de la pêche.

Lutte pour les droits en eaux profondes

Le monde a été témoin de l’un des pires épisodes de violation des droits de l’homme lorsque des attaques ont été déchaînées contre des centaines de pêcheurs de Vizhinjam, à peine deux semaines avant la Journée des droits de l’homme, le 10 décembre. Aucun mot n’est suffisant pour condamner la dureté du gouvernement et de certains partis politiques qui qualifient les enfants de la mer de terroristes et d’antinationaux. Ceux qui étaient salués comme des sauveurs et des anges pour leurs opérations de sauvetage dans les régions inondées de l’État doivent maintenant faire face à des accusations d’antinationalisme et leur mouvement pour la survie est qualifié de trahison et de sédition.

Le gouvernement s’est déshonoré en déposant des plaintes contre l’archevêque de Trivandrum et d’autres personnes qui n’étaient même pas présentes sur le site où la violence a éclaté. La violence s’est déchaînée contre des personnes qui se rendaient au poste de police pour demander la libération de ceux qui avaient été arrêtés sans raison. Alors que la tension montait partout, nous ne pouvions pas fonctionner normalement et enfin, lorsque la protestation a été levée, nous avons été soulagées.

Pour nous, Franciscaines missionnaires de Marie (FMM), cet événement a été mémorable. Nous étions solidaires avec les pauvres pêcheurs et le diocèse, nous impliquant activement dans la conscientisation, l’autonomisation et l’organisation, en faisant partie de ce mouvement.

Alice Varghese, fmm

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